COMME NEIGE AU SOLEIL

Dans les réas et les médecines « covid19 + », le matériel fond comme neige au soleil : on n’a presque plus de surblouses, on essaie d’économiser les masques car là aussi, la pénurie guette.

La conséquence c’est qu’il faut si possible porter la tenue complète pendant 4h, sans se moucher, boire, tout ce qui obligerait à toucher son masque évidemment, ou se défaire de la surblouse pour aller faire pipi. Avec la chaleur qu’il fait sous l’équipement complet, nous aussi on va fondre.

Mais surtout, on fera quoi, ensuite ? quand économiser ne suffira plus ? Les gouvernements successifs ont organisé la pénurie, à force de ne faire que ce qui était profitable aux financiers, et maintenant, c’est nous qu’on envoie, au front, et sans armes !

Il va falloir qu’on trouve des solutions, il en va de notre santé et de celle des patients. Et surtout, dans la santé comme ailleurs, si on veut empêcher que les décisions soient prises en fonction des seuls intérêts des capitalistes, il faudra tôt ou tard leur en contester le droit.

PAS DE PASSE DROIT

Un de nos mandarins est arrivé pour nous annoncer une entrée, prend un masque pour nous parler à deux mètres de distance, se retourne, le jette et s’en va. La deuxième fois, bien sûr, on lui a redit les consignes et qu’en plus nous étions en restriction de masques, qu’il fallait faire attention. Il a obtempéré tout en faisant une mauvaise blague.

Si on est obligés d’avoir un usage « raisonné » des masques, c’est que sinon on risque d’en manquer. Cette pénurie, on la doit à des décisions comptables : pour économiser quelques millions d’euros, nos dirigeants ont préféré arrêter d’avoir un stock de secours au niveau national. C’était complètement aberrant, et surtout, irresponsable. Alors en ces temps d’épidémie grave, ce n’est pas vraiment le moment de plaisanter : nous devons être, nous, beaucoup plus responsables que cela.

DES CHOIX CRIMINELS

Même au CHU, on n’avait pas réalisé tout de suite l’ampleur de l’épidémie, ni la gravité de la maladie. Là, on accueille des gens parfois apyrétiques, qui toussent un peu ou sont légèrement essoufflés, dans la force de l’âge, qui se retrouvent en réanimation quelques jours voire quelques heures plus tard, intubés, sédatés, en décubitus ventral. Certains sont décédés dans les 10 jours. Ça fiche la trouille.

Et alors que le confinement apparaît d’autant plus comme complètement nécessaire, il y a encore des milliers de gens qui sont contraints de travailler et de s’exposer, et de risquer de faire circuler le virus, dans des domaines pourtant absolument pas vitaux : sur des chantiers du BTP, dans des usines d’emballage ou de l’automobile, pour fabriquer des paquebots ou des moteurs d’avions. En réalité, uniquement pour maintenir la continuité des profits de la bourgeoisie. C’est criminel.

Nous devons obtenir collectivement l’arrêt de toutes les activités non indispensables aux besoins de base ou à la lutte contre l’épidémie.

ET LE DEPISTAGE ?

Les recommandations de l’OMS sont de dépister le plus de gens possible, pour confiner absolument les cas positifs le plus strictement possible. Or dans tout le pays actuellement on ne dépiste quasiment plus personne, pas même les soignants tant qu’ils n’ont pas tous les signes typiques de la maladie.

Pas assez de tests ? de réactifs ? de laboratoires aptes à effectuer l’analyse ? Difficile de démêler le vrai du faux, mais en tout cas on n’est pas dans les clous, sans doute faute de moyens. A force d’économiser sur la santé et de ne faire que ce qui rapporte… ce sont nos vies et celles des malades qui se retrouvent en danger, tout ça pour leurs profits ! Cela juge cette société.

CE N’EST PAS LE MOMENT DE NE PAS LIRE SES MAILS

  La Direction envoie régulièrement des mises à jour sur nos boites mails professionnelles sur la prise en charge des patients covid-19 que ce soit au niveau des précautions à prendre, des services réquisitionnés, des changements de procédure, …

Période de crise oblige, nous allons devoir tous nous y mettre. Ça permettra à certaines, comme les ASH, d’obtenir des boites mails malgré les réticences de certains membres de l’encadrement qui estiment qu’elles n’en ont pas besoin, et à d’autres de se lancer dans l’aventure informatique. Mais en tous cas, on a intérêt à se tenir très régulièrement au courant.

AU JOUR LE JOUR

Les infos et l’organisation évoluent maintenant au jour le jour, voire heure par heure. Dans les services « non-covid », on ne sait quelquefois pas où on bossera le lendemain. La moitié des lits ont été vidés au fil des jours, on passe en effectif de week-end, et les personnels ainsi libérés sont remis au « pot commun » pour aller là où il y a des besoins.

Pas le choix, il faut s’adapter à l’évolution de l’épidémie.

JUSTIFICATIFS : ÇA CAFOUILLE UN MAX !

Le confinement a commencé mardi midi mais c’est seulement jeudi soir que la DRH nous a enfin fourni des « justificatifs de déplacements professionnels », pour avoir le droit de circuler pour venir au boulot. Il a fallu que certains d’entre nous se fassent verbaliser en route (un comble !) et le lui signalent pour qu’elle s’aperçoive que les premiers justificatifs qu’elle nous avait donnés ne suffisaient pas. La Direction assure qu’elle fera sauter les PV des collègues concernés ou les paiera. C’est bien la moindre des choses.

En tout cas on a intérêt à être vigilants : la Direction navigue à vue, et semble avoir la vue bien courte. Cela nous montre une fois de plus la confiance qu’on peut lui faire quand il s’agit de nous protéger. Ne comptons que sur nous-mêmes.

CHS : SANS MASQUE, C’EST DE LA FOLIE

4 cas positifs au Covid-19 étaient avérés dès mercredi 18 au CHS La Chartreuse. Les personnes atteintes sont des patients et des personnels. C’était prévisible, comme dans tous les endroits où sont concentrés de nombreuses personnes. Et pourtant, aucun masque n’était disponible ! Il a fallu que ces cas soient déclarés pour que l’ARS soit alertée et des masques demandés. Certains soignants ont pris l’initiative d’en fabriquer eux-mêmes. Une hypothétique livraison devait avoir lieu le jeudi 20.

C’est fou ! Faut-il que les malades psychiatriques soient considérés comme des êtres humains au rabais, et leurs soignants avec eux, pour que rien n’ait été envisagé ! Certaines unités ont été fermées, des patients fragiles (âgés, cardiaques, insuffisants respiratoires) ont été confinés, mais tout cela vient un peu tard, et surtout, l’absence de masque disponible pour les soignants qui passent sans arrêt de l’un à l’autre est très grave, c’est prendre le risque de disséminer le virus.

CHÔMAGE PARTIEL CHEZ LES AMBULANCIERS PRIVÉS

  Aussi surprenant que cela puisse être la majorité des ambulanciers dans les entreprises privées travaillent à effectif très réduit. En effet, comme les consultations sont annulées, les trajets non urgents aussi, ils se retrouvent avec peu de trajets. De l’autre côté, quand il y a des sorties à effectuer hors agglomération, les patients attendent comme avant des heures car il n’y a pas assez d’ambulances disponibles.

Devant la gestion privée de ce secteur, on se retrouve à ce que chaque entreprise décide de la marge à suivre et on a des aberrations. Là aussi, on aurait une gestion commune de ce service qui sert à tous, ce serait organisé au plus juste.

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